Tapis – Turquie

20 mai 2011 § Poster un commentaire

 
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Bois Farine

19 mai 2011 § Poster un commentaire

Porté depuis 2008.

Bois Farine (l’Artisan Parfumeur) créé en 2003 par Jean-Claude Ellena, nez attitré d’Hermès et dont j’apprécie particulièrement les parfums. A priori un peu déçue de son dernier, Un Jardin sur le Toit sorti au mois de mars, mais je ne l’ai senti que rapidement et sur touche à la boutique Hermès de la rue de Sèvres (Paris VI) qui elle mérite la visite.

J’ai entendu parler de Bois Farine pour la première fois en octobre 2007, dans un article du Monde 2  sur Chandler Burr, écrivain et critique de parfum, dont j’ai suivi ensuite les publications sur TMagazine, supplément Style du NYTimes. Dans mes souvenirs  Burr était interviewé sur le lancement de ses Scent Dinners. Il écrit ici :

 When I asked Jimmy Sakatos, the Carlyle’s executive chef, to help me come up with a menu, he thought I was a little nuts. To get him to understand my idea, I showed him the velvety, succulent Ambre Narguilé, by Hermès, which smells like caramel and subtle, nutty banana; Délices de Cartier, a delicately fruity confection; and Aqua Allègoria Pamplelune, by Guerlain, a delicious grapefruit scent. Jimmy smelled them tentatively. Then I handed him Bois Farine, by the Parisian house L’Artisan Parfumeur. It’s an astonishing fragrance based on the scent of baking flour. Jimmy froze. « Now this, » he said. « There’s a bread dough I make that smells like this. » We had the opening to our dinner.  

Bois Farine évoque pêle-mêle fleur de farine, pain brûlé, foin, cacahuète, fumée, iris, carton, bois de cèdre. Il est franchement poudré, bien sec, agréable hiver comme été, et m’a attiré plus de compliments que de nez pincés malgré ses notes ahurissantes. Mais je ne côtoie que des gens polis. Sillage raisonnable, tenue moyenne sur ma peau et très bonne sur les tissus.

Luire, leurrer

15 mai 2011 § Poster un commentaire

Je fabrique depuis cette année des mouches de pêche. J’en fais de minuscules bijoux irisés à piquer sur les poches poitrine ou les revers de vestes pour ferrer les regards.    
 

Orpheus, Cy Twombly

14 mai 2011 § 1 commentaire

 
Image scannée dans le très beau et très complet Cy Twombly, Cycles and Seasons. Shirmer Mosel

Van Seenus – Paolo roversi

13 mai 2011 § Poster un commentaire

 
Guinevere van Seenus par Paolo Roversi, 1997. Pour Yohji Yamamoto

Le souci du geste

9 mai 2011 § Poster un commentaire

calendrier perpétuel Bilancia, 1959. Enzo Mari. Chez Artemide aujourd’hui
 

Jour après jour et mois après mois, le calendrier perpétuel BilanciaBalance, invite à juger par nous-mêmes du poids des ans. Par un jeu d’équilibres et de déséquilibres visuels à mesure que les réglettes sont déplacées, il se rapproche des balances dites romaines : un bras, un curseur et puis un poids, ici celui écrasant de la perpétuité. Lourd de sens mais au dessin délicat où rien n’est de trop, l’objet se révèle d’une grande légèreté. Le calendrier perpétuel propose un temps sans trace, oublieux, quand l’éphéméride le détruit et l’agenda le conserve. La rigidité des baguettes de la  Bilancia cache une parfaite souplesse chronologique, le temps devenu subjectif (je fais la démarche −ou non− de le tenir à jour) s’accommode au paresseux, au figé, au traînard, à l’empressé. Place est laissée au choix, à la promesse apaisante d’une certaine maîtrise. Aussi son égrainage rassurant évoque-t-il celui des komboloï grecs, chapelets laïcs pour faire passer le temps, petits meubles de poche journellement dégainés.

Pas de tiédeur pourtant dans ce mariage oxymorique de la pesanteur et de la légèreté, et l’audace d’un tel objet talonne en réalité sa délicatesse.  

En ouvrant le champ à la prudence il va à l’encontre des rythmes actuels où, dans une économie de l’urgence et de la compétition, la précipitation prévaut. Ce droit à l’hésitation comme réponse esthétique à notre monde qui se hâte est et était un geste civique fort. D’autant plus à la veille des années soixante, en pleines Trentes Glorieuses. Avec Bilancia Enzo Mari a peut-être finalement près de trente ans d’avance sur le SLOW movement, d’ailleurs né en Italie avec SLOWfood et dont le concept se propage aujourd’hui au monde entier et à tous les domaines (style de vie, urbanisme, déplacements, design…). L’échelle de temps du calendrier caresse alors une nouvelle échelle de valeurs : lenteur, application, écologie (ni pile, ni papier) enfin et surtout durabilité, quitte à sacrifier un peu de la fonctionnalité de l’objet à l’élégance des choses éternelles. Pas aisé en effet pour qui est entouré d’automatique, de digital, aujourd’hui de numérique, de gérer ce temps enchaîné au geste. Tandis que pour nous en faire gagner la technologie fait disparaître peu à peu les tâches quotidiennes, Bilancia offre au contraire une nouvelle sensualité au temps, contact de l’objet et de la main, toucher lisse, vue d’un mécanisme que la simplicité a mis à nu, possible cliquetis du curseur. Le geste, parce que mis en péril est précieux, il est la valeur ajoutée à l’objet, ce qui l’embellit voire nous embellit nous-mêmes qui l’accomplissons. Conscients de sa valeur, l’effort que nous portons d’un jour à l’autre à ce rite de « passage » nous place sur le fil du plaisir et du déplaisir. Vécu comme une ascèse, sacralisé, le moment nous appartient autant que nous nous y dévouons. Peut-être est-il à rechercher, campée dans ces soupçons de contraintes complices, la joie du geste pour lui-même et de l’effort prudent.

Pyjamas

6 mai 2011 § Poster un commentaire

Dries Van Noten, SS 2010
 
 
Céline, SS 2011
 
C’était encore une fois bien joué pour Dries Van Noten (la graphie de ce nom me semble parfaite, équilibrée, picturale. Mais peut-être est-ce à force de le voir écrit et parce que les mots qui nous sont familiers finissent par avoir l’évidence des images). Toujours est-il qu’ un an d’avance sur la beauté c’est déjà beaucoup. Des pyjamas de soie fluide imprimés… je les vois aujourd’hui dans un vilain polyester brillant chez Zara, dans une soie plus jolie chez l’anglais Topshop. C’est l’air qui circule entre la jambe, la hanche, la cheville et le tissu qui les rend désirables, un doux rien en somme. Vendre un souffle est une affaire et rentable et belle.   
 

images courtesy of  style.com

Où suis-je ?

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