Parfumer

21 juin 2012 § Poster un commentaire

Le miroir, bien avant le regard des foules, condamne tout ou partie de l’audace dans le jour sous lequel nous nous dévoilons. Dans la toilette comme dans le rêve, la fantaisie commence là où l’œil se ferme. Ainsi le parfum, parure invisible, n’oblige qu’à peu de compromis. Il a toujours été d’usage en parfumerie d’avoir recours à des matières premières qui frôlent la pestilence et qui font par leurs facettes taillées à la hache tout l’intérêt, toute la carrure et paradoxalement toute la subtilité des grands parfums. Les maisons de niche revendiquent aujourd’hui odeurs de cheveux voire de culotte sales, de sueur, de corruption qui semblent rappeler à celui ou celle qui ose le porter, à son entourage, la mortalité des êtres et les racines même de la parfumerie, d’abord destinée à chasser miasmes et fléaux tels que la Grande Peste et donc à se mêler à la puanteur de la mort et des villes. C’est en quelque sorte prendre de court le temps et révéler le pourrissement en devenir de la floraison, à la manière des memento mori. Et porté à même la peau, siège extérieur de l’intime, ce memento décline lentement en sillage puis se tait.

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