Les fleuves, les rigoles, les canaux

15 janvier 2015 § Poster un commentaire

Voir si près, si gros, si nombreux sur les écrans, des hommes perclus de la douleur du deuil, souffles courts, la seconde d’avant solides et celle d’après sonnés, qui en d’autres temps ou d’autres climats auraient pleuré en paix. (Mais parfois le monde veut que la peine se dise, et l’entendre plutôt que l’écouter).

De fait, étudier les visages émus, cheminer de l’un à l’autre, sonder les fleuves, les rigoles, les canaux.

Le lendemain, comme dans tout bon chagrin, en vouloir au soleil de se lever. Et le dire.

Le surlendemain, joindre aux courbatures et à la peine l’embarras d’entendre, encore et encore, ce qui ressemble comme deux larmes à nos propres pleurs, ce mauvais enregistrement de notre voix qu’on voudrait ne jamais avoir à réécouter, celui dont on se dit que c’est nous, mais pas tout à fait.

Où suis-je ?

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