15 novembre 2015 § Poster un commentaire

parisnov2015

parisnov2015b

Java

13 octobre 2015 § Poster un commentaire

Il s’agit de s’amuser, ici maintenant et avec tous, comme de savourer le chocolat noir très noir et la gnôle de tonton. Le défi est manifeste, tant de fois le plaisir se noie dans l’embarras.

Au crayon pourpre je me taille des yeux de silex pour les frotter aux yeux des autres. Je me fais à la nuit. J’enfile mon costume, j’ébouriffe, je plume, je me maquille, me parfume, je saupoudre en musique et sur toutes les faces, A puis B. Dans le temps infini et solitaire de la toilette mon attention se perd doucement, comme l’œil au spectacle d’une mer étale. Peu m’importe de sortir, je suis déjà à la fête.

Cette nuit le temps s’allonge à notre place. De part et d’autre : des peaux de prunes, prunes et cuites au sel de la côte, fardées, qui ondulent. Des repus, des à repaître, des regards froissés, des petites langues très imagées. Petites lampées d’un bouillon brûlant où trempe le jour qui pointe.


Trois bouchées sur la fête. Paru le 7 nov.

Capture d’écran 2015-11-09 à 17.44.31

Les fleuves, les rigoles, les canaux

15 janvier 2015 § Poster un commentaire

Voir si près, si gros, si nombreux sur les écrans, des hommes perclus de la douleur du deuil, souffles courts, la seconde d’avant solides et celle d’après sonnés, qui en d’autres temps ou d’autres climats auraient pleuré en paix. (Mais parfois le monde veut que la peine se dise, et l’entendre plutôt que l’écouter).

De fait, étudier les visages émus, cheminer de l’un à l’autre, sonder les fleuves, les rigoles, les canaux.

Le lendemain, comme dans tout bon chagrin, en vouloir au soleil de se lever. Et le dire.

Le surlendemain, joindre aux courbatures et à la peine l’embarras d’entendre, encore et encore, ce qui ressemble comme deux larmes à nos propres pleurs, ce mauvais enregistrement de notre voix qu’on voudrait ne jamais avoir à réécouter, celui dont on se dit que c’est nous, mais pas tout à fait.

Saper

6 juin 2013 § Poster un commentaire

The Congolese Sapeautomne-hiver2011:12delaligneEthicalFashionAfrica(photo-JuergenTeller)

sapeur de Brazzaville, photographie Héctor Mediavilla / Vivienne Westwood, photographie Juergen Teller pour Ethical fashion Africa

Trancher

6 juin 2013 § Poster un commentaire

Le bijou est au corps féminin ce que la mutilation est à la statuaire grecque. Parce qu’il segmente le cou, le bras, le doigt, il bouscule l’intégrité de la silhouette et soustrait la partie au tout, en faveur de l’imagination et de la fantaisie.

De la chair

11 septembre 2012 § Poster un commentaire

Article de commande écrit il y a quelques mois. Compte-rendu d’une des plus belles visites de l’année, l’exposition Lucian Freud Portraits, au sein de la National Portrait Gallery de Londres. (9 février – 27 mai 2012)

Unanimement bien reçue et bien relayée par les médias, elle offre au regard du visiteur soixante-dix années de l’Œuvre de Freud, à travers cent-trente toiles dont quelques-unes inédites, en provenance de collections privés et de prêts internationaux. La disposition relativement chronologique permet, au fur et à mesure de la déambulation, de pointer clairement l’évolution de ses choix d’artiste, de sa peinture et de ses sujets. Comment par exemple il renonce à la minutie de ses portraits de jeunesse, des glacis presque flamands réhaussés de tracés fins, à la faveur d’une figuration plus expressioniste et comment se faisant il ne perd rien ni de son acuité ni de sa précision. Son attachement aux détails qui n’épargnent ni le modèle ni le spectateur -tâche de vin, écaille d’un vernis bleu, maigreur d’une épaule,  bourrelet d’un flanc, couperose- sous ses abords crus et cruels semble finalement davantage relever d’une attention familière et presque tendre à ses sujets amis. La palette, très belle, de teintes rabattues, douces, terreuses ou froides est aussi délicate que le regard est franc et sans détour. Une proximité implacable, un tant soit peu étouffante, qui chiffonne les corps et dévoile, toujours évasivement, un peu du drame qui se joue là. Les situations sont grotesques : risibles et pourtant imperméables à la moquerie. Et c’est un malaise fascinant qui l’emporte. La dernière œuvre de l’exposition, laissée inachevée sur son chevalet à la mort de l’artiste, donne elle la clef du travail de Freud à l’échelle du tableau, une étrange progression en spirale du cœur aux périphéries de la toile. A défaut de point final, clôre la visite sur l’imperfection si révélatrice de son ultime œuvre est un geste intelligent et qui sied à la peinture de Lucian Freud, arrimée à tout ce que la singularité étrange des êtres a d’éloquent.

Parfumer

21 juin 2012 § Poster un commentaire

Le miroir, bien avant le regard des foules, condamne tout ou partie de l’audace dans le jour sous lequel nous nous dévoilons. Dans la toilette comme dans le rêve, la fantaisie commence là où l’œil se ferme. Ainsi le parfum, parure invisible, n’oblige qu’à peu de compromis. Il a toujours été d’usage en parfumerie d’avoir recours à des matières premières qui frôlent la pestilence et qui font par leurs facettes taillées à la hache tout l’intérêt, toute la carrure et paradoxalement toute la subtilité des grands parfums. Les maisons de niche revendiquent aujourd’hui odeurs de cheveux voire de culotte sales, de sueur, de corruption qui semblent rappeler à celui ou celle qui ose le porter, à son entourage, la mortalité des êtres et les racines même de la parfumerie, d’abord destinée à chasser miasmes et fléaux tels que la Grande Peste et donc à se mêler à la puanteur de la mort et des villes. C’est en quelque sorte prendre de court le temps et révéler le pourrissement en devenir de la floraison, à la manière des memento mori. Et porté à même la peau, siège extérieur de l’intime, ce memento décline lentement en sillage puis se tait.

Où suis-je ?

Catégorie Élans sur Tenter Spielmann.