Jaune Mars III

29 mars 2016 § Poster un commentaire

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En pays de Cocagne

20 novembre 2015 § Poster un commentaire

C’est l’histoire d’un homme qui se fraie un chemin à coups de cuiller dans une montagne de bouillie, en surplomb d’une mer de lait. Une ventrée plus tard et quelques pas plus loin, il s’apprête à franchir un plessis de saucisses quand un cochon tout frais rôti vient à sa rencontre, la côte offerte, un couteau fiché en bandoulière dans la couenne. L’entame est déjà faite et le cochon insistant. Alors c’est par politesse qu’il le mange, comme l’oie bien grillée qui, après avoir déployé la nappe empesée des grands jours, vient se coucher à ses pieds dans un plat demi-creux en argent.

L’histoire ne dit pas s’il goûte aux galettes qui poussent en bord de route comme le chiendent, aux tuiles de tartes au flan et au miel du grand potdemieler au pied duquel sont allongés un clerc, un paysan et un soldat qu’il rejoint bientôt. Un bel œuf à la coque dodeline jusqu’à eux pour faire largesse de son petit corps mais il est trop tard, les quatre siestent là, bienheureux, étreints à chaque couture, fondus au sol, tout au régal de leur pesanteur. Car en pays de Cocagne plus on dort et plus on gagne.

D’après le Pays de Cocagne, Pieter Bruegel, 1567, à la Alte Pinakothek de Munich.

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La glace littéraire

29 mai 2015 § Poster un commentaire

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Le grec ancien est une langue de discoureurs : συκολογέω signifie aussi bien « disserter sur les figues » que les cueillir. Preuve s’il en faut qu’on goûte avec la langue et qu’il n’y a qu’un pas des mets aux mots !

Crème glacée à la feuille de figuier pour 6 personnes

Dans une casserole à fond épais, faire bouillir 1L de lait entier et 10cL de crème fluide entière. Retirer du feu et mettre à infuser une demi-heure dans le lait chaud une dizaine de jeunes feuille de figuier. Filtrer en prenant soin de bien presser les feuilles. A part, faire blanchir au fouet 10 jaunes d’œufs et 100gr de sucre cristal. Verser le lait parfumé sur le mélange puis remettre le tout dans la casserole à feu doux. La crème doit napper la cuillère mais ne jamais bouillir. Filtrer à nouveau au chinois, laisser refroidir complètement puis turbiner. A manger aussitôt ou dans quelques mois avec les premières figues rôties, en chaud-froid et feuille-fruit. Bonne dissertation.

Jaune Mars II

27 mars 2015 § Poster un commentaire

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Le rôti sans pareil

29 novembre 2012 § 1 commentaire

Tandis que les Américains viennent de célébrer Thanksgiving et les Strasbourgeois de déclarer ouvert le 442ème marché de Noël, tandis que les dindes comptent leurs morts et qu’ici les kougelhopfs kougelhopfent, me vient l’envie d’évoquer un plat réjouissant découvert la semaine passée. Le rôti sans pareil, version décadente du fruit déguisé, de l’œuf Kinder et du Mange-Poussin. Soit une dodue outarde fourrée d’une dinde fourrée d’une oie fourrée d’un faisan fourré d’un poulet fourré d’un canard fourré d’un pintadeau fourré d’une sarcelle fourrée d’une bécasse fourrée d’une perdrix fourrée d’un pluvier fourré d’un vanneau fourré d’une caille fourrée d’une grive fourrée d’une alouette fourrée d’un ortolan fourré d’un becfigue fourré d’une désopilante olive fourrée aux anchois. Ce tour de force culinaire est tiré de l’Almanach Gourmand (8 volumes, 1803-1812) de Grimod de la Reynière, dandy parisien et gastronome avisé, réputé pour ses banquets hebdomadaires loufoques. (Je m’étonne que ce monsieur De la Reynière ne fût lui-même alsacien lorsqu’on connaît le trouble un brin obsessionnel qu’entretiennent ceux-ci pour la bonne chère, marché de Noël ou pas. Certains vivent d’ailleurs dans des maisons de pain d’épice avec un munster pour oreiller et une knack pour traversin). De nos jours la variante anglaise du rôti-sans-pareil est appelée un three-bird roast, la variante cajun un turducken (turckey, duck, chicken) que l’on peut traduire par dindonaroulet voire poulanardinde. Et si l’on imbrique le tout dans un cygne, un mouton et un bœuf voilà ledit rôti à la mode moyenâgeuse ou romaine. Dans tous les cas on conseillera de faire suivre la gigogne par le jogging.

Comme il y a le théâtre dans le théâtre, les œufs de Fabergé, les romans à tiroirs, les vaches Kiri sur les boucles d’oreilles de la vache Kiri, les mises en abyme, le motif du miroir en peinture (illustration : Les époux Arnolfini, détail, Jan Van Eyck, 1434)…il y a ce rôti vertigineux, baroque et culotté. 

à la casserole

6 juin 2011 § Poster un commentaire

Je fais cuire des poires angélys à sec dans une casserole et çà se met à sentir très exactement la truffe noire, j’en déduis que les deux pourraient s’accorder comme il paraît s’accordent la truffe et l’ananas.

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